« Prendre le Cancer à la gorge »
Pour la 3ème année, les professionnels se mobilisent pour la semaine européenne du dépistage et de la prévention des cancers ORL.

Les cancers ORL se situent au 5ème rang des cancers les plus fréquents en France avec une mortalité qui reste élevée malgré les progrès réalisés dans leur prise en charge (près de 5000 patients par an).

Avec comme principaux facteurs de risques historiques le tabac et l’alcool, leur épidémiologie tend à se modifier ces dernières années et incite les professionnels à tirer la sonnette d’alarme sur les comportements à risques.

Parce qu’il est important d’informer l’ensemble de la population sur les facteurs de risques et les signes d’alerte, tous les professionnels impliqués dans la prise en charge de ces cancers organisent, pour la 3ème année, dans toute l’Europe, une semaine (du 21 au 25 septembre 2015) de sensibilisation et de prévention intitulée « Make Sense »

Dans le cadre de cette campagne, les médecins de l’ICM, du CHRU de Montpellier et de la Clinique Beausoleil, souhaitent alerter le grand public sur les comportements à risques et inciter à consulter dès l’apparition des premiers symptômes.(article MIDI LIBRE)

Les principaux facteurs de risques

Tabac et alcool : facteurs de risques bien connus

La consommation d’alcool et de tabac sont les principaux facteurs de risques des cancers ORL :
Les fumeurs présentent plus de risques que les non-fumeurs.
Les hommes qui boivent plus de 3 verres par jour, et les femmes qui boivent plus de 2 verres par jour ont significativement plus de risques de développer un cancer ORL.

Ces cancers peuvent donc être évités en modifiant les comportements. Il est important d’informer le grand public sur ces risques. D’autant plus que le niveau d’usage récent (avoir consommé du tabac au cours des trente derniers jours) parmi les jeunes français de 15-16 ans est plus élevé que la moyenne européenne (38% contre 28%- ESPAD 2011). Et le Languedoc-Roussillon fait partie des régions où l’expérimentation et la consommation de tabac sont les plus élevées de France (ESCAPAD 2011).

Le CHRU et l’ICM disposent chacun d’une Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie (ELSA) pour accompagner les personnes qui le souhaitent dans la diminution ou l’arrêt de la consommation de tabac et de l’alcool.

Elsa ICM : 04 67 61 31 78 du lundi au vendredi entre 9h et 12h30. Elsa CHRU : 04 67 33 99 61

Le virus HPV : facteur de risque moins connus

On sait désormais que les papillomavirus humains (HPV) jouent un rôle dans la formation de certains cancers de l’oropharynx, mais aussi de la bouche, et cela indépendamment de l’alcool ou du tabac bien que leur association se potentialisent.

Une relation avec l’HPV serait observée dans 40 à 60 % des cancers de l’oropharynx, et l’HPV de type 16 est le plus fréquemment en cause comme pour le cancer du col de l’utérus.

S’il existe une association entre certaines habitudes sexuelles et le risque de carcinome induit par l’HPV au niveau de l’oropharynx, les mécanismes exacts de cette relation ne sont encore clairement établis.

Parce qu’ils touchent une population de patients plus jeune, âgée de 30 à 40 ans, généralement non alcooliques et non-fumeur, les cancers ORL HPV sont parfois méconnus et diagnostiqués à des stades avancés.

En cas de douleur persistante à la gorge, semblable à une angine, supérieure à trois semaines, il faut penser qu’il peut s’agir d’un cancer ORL.

Cette nouvelle épidémiologie nécessite de redéfinir les stratégies thérapeutiques et constitue un axe de recherche à part entière.

Les équipes médicales attendent les résultats des campagnes de vaccination au sein de la population féminine pour le cancer du col de l’utérus afin dévaluer si cette protection est aussi efficace pour les cancers oropharyngés en rapport avec l’HPV.

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Les signes cardinaux d’alertes à ne pas négliger

Un diagnostic précoce avec une prise en charge à un stade peu évolué améliorent le pronostic. Il est primordial de consulter dès que les signes d’alerte (douleur de la langue, aphte persistant, enrouement de gorge, difficulté et/ou douleur à avaler, obstruction nasale avec saignement, masse ou ganglion cervical) persistent plus de trois semaines.

Malheureusement, quatre à six mois s’écoulent en moyenne entre l’apparition des symptômes et la première consultation médicale. Le but de cette campagne est de sensibiliser le grand public aux symptômes dont la persistance doit alerter et faire consulter.

En effet, ces symptômes ressemblent beaucoup à ceux d’une affection grippale et sont souvent considérés comme des signes banals.

C’est pourquoi il convient d’être très attentif à toute lésion de la muqueuse buccale (comme une plaie qui durcit ou un aphte qui ne guérit pas), aux troubles de la déglutition ou de la mastication, à l’enrouement, à des douleurs irradiant dans les oreilles, ainsi que la présence d’une masse dans la région du cou.

Ces symptômes doivent être considérés comme des signes d’alarme et leurs persistances doivent faire consulter.

Les patients du Languedoc-Roussillon bénéficient, à Montpellier, d’une prise en charge concertée, complète et transversale des cancers ORL, unissant les équipes du CHRU de Montpellier et de l’ICM, auxquelles s’associent également des praticiens de la Clinique Beausoleil.

Mais quelle que soit la nature des progrès, la prévention et le dépistage précoce restent des éléments déterminants de la réussite du traitement.

 

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Extrait du communiqué de presse ICM Montpellier du 17/09/2015

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